Roger Dorsinville
Les détails de la carrière militaire et politique de Roger Dorsinville avant son arrivée au Libéria sont racontés avec franchise dans le recueil Marche arrière. Collaborateur de première heure de Françoise Duvalier (dit «Papa Doc»), Dorsinville partageait avec celui-ci un dédain pour l'élite
mulâtre haïtienne. On l'oublie: avant d'être dictateur, Papa Doc a été poète dans la foulée de l'indigénisme et de la Revue des Griots, fondé en 1938.
Alors jeune soldat toujours à la caserne, Dorsinville, à l'insistance de Jean Price-Mars, est devenu secrétaire de la Société Haïtienne de Folklore, et par la suite un des militants de la Revue des Griots, bien qu'il n'y publiât pas, son inspiration littéraire restant toujours en herbe.
Très vite, le régime Duvalier a pris le tournant macoutiste que l'on connaît. Pour des raisons stratégiques
-c'était le moment du triomphe de Fidel Castro et d'obscènes manigances impérialistes états-uniennes
- Dorsinville a accepté de servir sous Duvalier comme diplomate, restant en contact avec la gauche latino-américaine et tâchant d'infléchir la politique obscurantiste qui a déferlé sur Haïti à partir de 1958, évidemment sans succès.
Pour Duvalier, Dorsinville restait toujours un «ancien compagnon Griot» (p. 175), mais celui-ci reconnaissait bien le danger qu'il courait. Dès 1963, Dorsinville cherchait avec de plus en plus d'urgence une sortie de secours. Finalement, il a négocié un poste de conseiller culturel auprès du président libérien William Tubman, chargé en particulier de préparer la délégation libérienne au Festival mondial des arts nègres à Dakar en 1966, et ensuite de gérer le Centre culturel de Monrovia, symbole de la politique d'unification nationale de Tubman.
Les photographies en question remontent à cette époque, celle où Dorsinville a aussi amorcé sa carrière de romancier
Tout au long de sa carrière de diplomate et de romancier et surtout durant son exil en Afrique de l'Ouest, le Haïtien Roger Dorsinville (1911- 1992) était
amateur photographe, trimballant dans ses voyages son appareil d'origine soviétique Zorki.
La relâche relative de l'oppression en Haïti vers la fin des années 80 a permis à l'écrivain de rentrer au pays, ensuite de faire récupérer les négatives qu'il avait dû abandonner au Sénégal et d'en faire préparer une sélection pour un livre paru chez L'Harmattan en 1991, L'Homme derrière l'arbre: Un Haïtien au Libéria.
in : http://www.arts.ualberta.ca/~chinook/dorsinville/biobiblio.htm
- Sources :
- Roger DORSINVILLE, The Rule of François ("Papa Doc") Duvalier in Two Novels by Roger Dorsinville: Realism and Magic Realism in Haïti. Max Dorsinville, ed. New York: The Edwin Mellen Press, 1999. Référence.
- Roger DORSINVILLE, Renaître à Dendé. Paris: L'Harmattan, 1980. Référence.
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