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En guise de préliminaires
Il
faut tracer ici le portrait d'une nation qui s'est forgée dans le feu et le sang. Un
sang rouge sous le ciel bleu, ni noir ni blanc, qui a payé le solde de deux siècles de sévices et
d'esclavage et le bail perpétuel d'une terre pour les apatrides.
C'est ici que
Billaud-Varenne et Horace Desmoulins, seul fils de Camille, trouvèrent un refuge pour mourir
paisiblement; ici que Bolivar vint chercher appui et protection auprès de la République
Noire en
1815, 80 ans avant José Martì fasse de même.
C'est ici que, fuyant l'arbitraire et la
persécution de la Porte, des chrétiens d'orient sont venu chercher la
vie et partager notre sort.
Terre d'un peuple souverain et libre dans les faits,
autant que se peut, et dans sa tête.
Alors si l'haïtien a d'abord modelé ses lois, son instruction et sa
langue sur ceux de la France, c'est que ce choix était dicté autant par la raison que
par le cur : ne sommes nous pas les enfants abandonnés de la Révolution Française ?
Aujourd'hui, cette référence s'estompe doucement et la culture
haïtienne puise dans son passé les accents de son renouveau.
Peinture, sculpture, littérature, musique, langue parlée et écrite, sont autant de
pots au feu qui
sentent bon le parfum africain et amérindien de notre héritage.
Ayibobo pou sa!
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